Œuvres choisies de la Collection Guggenheim Bilbao IV

19 de novembre, 2013 – 31 de août, 2014

La exposición en Bilbao

Irazabal

Prudencio Irazabal
Sans titre #767 (Sin título #767), 1996
Acrylique sur toile sur panneaux en bois
211 x 346 cm
Guggenheim Bilbao Museoa

Œuvres choisies de la Collection du Musée Guggenheim Bilbao IV

« Je pense que la réalité, ça signifie débordement, courage. Les choses imaginées font partie de la réalité, elles arrivent ».

—Adonis [Ali Ahmad Said Esber]

Cette exposition confronte des œuvres de la Collection du Musée Guggenheim Bilbao réalisées par deux générations d'artistes contemporains qui analysent les espaces de présence et d'absence : avec leur travail, ils entreprennent de transformer une réalité qui englobe depuis les relations humaines et les références à l'histoire de l'art jusqu’aux visions cosmiques et aussi microscopiques.

Au sein de l'exposition, les œuvres ont été regroupées en deux domaines bien distincts : dans l'un d'eux et avec une dimension théâtrale, prédomine la figuration ; dans l'autre, l'abstraction. Les artistes se rapprochent plus ou moins de la réalité mais toujours avec l'intention d'habiter l'inconnu, d'expérimenter une révélation. Ainsi, la réalité cesse d'être quelque chose de « préfabriqué », elle se convertit en une expérience unique, dans laquelle l'art abandonne le caractère rhétorique pour connecter de manière immédiate avec la totalité de l'existence.

Cet espace réunit les œuvres de trois artistes qui abordent la réalité à travers des compositions figuratives et sous une apparence relativement théâtrale : Elssie Ansareo, Manu Arregui et José Manuel Ballester.

Elssie Ansareo (Mexico, 1979) réfléchit sur la scène et le spectateur, avec des images de style baroque et théâtral qui provoquent de l'inquiétude chez ceux qui les observent. Au moyen de la photographie, l'artiste donne une forme à ses préoccupations esthétiques et explore, de manière poétique, des concepts comme la représentation, l'identité, la relation avec les autres et la mémoire.

Avec son travail Irrésistiblement mignon (Irresistiblemente bonito, 2007), Manu Arregui (Santander, 1970) crée un jeu suggestif entre la réalité et son reflet virtuel. L'œuvre, qui met en scène Vanesa Jiménez, connue comme « l'enfant aux os de verre », permet à l'artiste de se plonger dans les mécanismes qui transforment une personne réelle en personnage aux mains des médias. À côté d'elle, nous pouvons aussi contempler la pièce Un air efféminé (Con gesto afeminado, 2011), inspirée d'une ancienne production des Ballets Russes, qui sert à Arregui à réfléchir sur des thèmes comme le décalage de l'individu face à la société et les impératifs sexistes de masculinité, en remettant en question les modèles dominants.

Les photographies de José Manuel Ballester (Madrid, 1960) donnent l'impression d'encapsuler le temps. La recherche de l'artiste d'une poétique de l'espace vide a donné lieu à la série Espaces cachés (Espacios ocultos), commencée en 2007, dans laquelle il modifie numériquement des photographies de tableaux historiques pour réinterpréter des chefs-d'œuvre de l'histoire de l'art, faisant ainsi apparaître des absences troublantes. Ses œuvres invitent le spectateur à participer à une métamorphose singulière de la réalité.

Cet espace réunit les œuvres de trois artistes qui se plongent dans la réalité à partir de l'abstraction : Prudencio Irazabal, Darío Urzay et Juan Uslé.

Les œuvres de Prudencio Irazabal (Puentelarrá, Álava, 1954) contiennent de nombreuses références à différentes étapes de l'histoire de l'art, citées depuis sa profonde connaissance du langage pictural, à travers l'exploration technique et formelle. Sans titre #767 (1996) est un tableau monochromatique en apparence seulement, car ses chants visibles révèlent des couches superposées de peinture acrylique transparente qui dévoilent le processus créatif de l'artiste et expliquent la lumière profonde qui resplendit de sa surface.

Darío Urzay (Bilbao, 1958) présente ses deux versions de l'œuvre En une (Microvers) fraction [En una (Microverso) fracción, 1997] réunies ici pour la première fois. Dans cette installation, l'artiste trace un cercle imaginaire qui relie les deux pièces et invite le spectateur à entreprendre un voyage vertigineux du cosmique vers le microscopique.

Les œuvres de Juan Uslé (Santander, 1954) sont des espaces picturaux autonomes qui reflètent des processus intellectuels ou émotionnels bien déterminés de l'artiste. Dans la série Je rêvais que tu révélais (Soñé que revelabas, 1997–moment actuel), chaque ligne et chaque coup de pinceau transmettent une émotion et une impression de mouvement lent ou palpitant. Dans ces peintures, la répétition mécanique des coups de pinceau révèle clairement une approche systématique et orientée à la méthode, mais ces coups de pinceau sont aussi une trace visible du corps et de son activité physique, autrement dit, un aspect de la réalité qui culmine dans une abstraction.

Commissaire: Petra Joos

×